Crimes de guerre au Congo-Brazzaville : la France laisse filer l’accusé n°1

Au début janvier 2016, un ministre congolais accusé de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre s’est glissé entre les mailles du filet judiciaire tressé par la Belgique et la France. Il s’agit de Pierre Oba, 63 ans, actuel ministre des Mines du Congo-Brazzaville, ministre de l’Intérieur au moment des massacres de population des années 1997 à 1999. rfi-oba-captureLe général en visite privée avait été repéré en Belgique, puis en France. Il a séjourné durant plus de 40 jours à Paris. Dans le cadre d’une coopération internationale ravivée pour la cause, les polices des deux pays avaient localisé le ministre Oba. Il restait à l’intercepter. Pour ce faire, une juge d’instruction belge délivre un mandat d’arrêt international, le 21 décembre 2015. Deux jours plus tard, le ministère français des Affaires étrangères vérifie que le ministre ne bénéficiait d’aucune immunité ou privilège, et qu’il pouvait donc bien être interpellé. Mais le fiasco promet d’électriser les relations entre les deux pays : selon une correspondance diplomatique interceptée par Marianne et Le Soir Mag, Pierre Oba a été averti de la « tentative d’arrestation » et il a pu quitter Paris en douce à bord d’un « avion spécial » entre le 6 et le 12 janvier 2016. « Sous le président Nicolas Sarkozy, cette exfiltration aurait choqué mais pas surpris. Sous François Hollande, elle est consternante », pointe l’avocat parisien William Bourdon. Son collègue belge Georges-Henri Beauthier défend lui aussi les victimes des massacres. Il rappelle que « Les éléments figurant dans le dossier belge sont suffisamment solides pour poursuivre les dirigeants congolais devant une Cour d’assises, à Bruxelles ».

Pierre Oba est l’allié historique du président congolais Denis Sassou-Nguesso. Tant en France qu’en Belgique, il reste concerné par les enquêtes judiciaires découlant de plaintes déposées en 2001 dans le cadre des lois de compétence universelle. On lui reproche le massacre présumé de milliers d’opposants entre 1997 et 1999. En sa qualité de ministre de l’Intérieur, Pierre Oba dirigeait les forces de police et de sécurité à l’époque des exactions, et notamment des massacres du « Beach » (plus de 300 réfugiés ont disparu au débarcadère fluvial de Brazzaville en mai 1999). Il n’a jamais été entendu par la justice, à ce stade.

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